• Didactique du français langue seconde

  • Volet dépôt d'objets d'apprentissage

  • France Boutin, Ph.D.
  • Université du Québec à Montréal
www.didfl2.uqam.ca/depot -> Liste des incidents -> Édition d'un incident

La planification des situations d'apprentissage

  • La motivation
  • Les consignes
  • Le travail individuel / d'équipe, les critères de regroupement
  • La gestion du temps
  • Le niveau de langue
  • Les TIC : le niveau de compétence technologique

La traduction : plagiat?

 

  • Les informations générales
  • La catégorie de l'incident
  • La planification des situations d'apprentissage
  • Le nom donné à l'incident
  • La traduction : plagiat?
  • Le contexte
  • Le contexte social
  • L’école se situe dans une région rurale, tout près de la frontière américaine. Ainsi, un fort pourcentage de la population est anglophone ou parle couramment l’anglais. Par ailleurs, plusieurs élèves proviennent de familles socio-économiquement défavorisées.
  • Le contexte scolaire
  • Il s’agit d’une école secondaire francophone accueillant un peu plus de 700 élèves, de la 1ère à la 5e secondaire. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une école dont la langue officielle est le français, un certain nombre de jeunes sont anglophones ou parlent l’anglais couramment. Toutefois, le français demeure la langue d’enseignement, alors que l’anglais constitue la langue seconde.
  • Le programme
  • Enrichi
  • Le niveau d'enseignement
  • Secondaire I, II, III
  • Le groupe classe
  • Il s’agit d’un groupe peu nombreux mais très dynamique, fort au niveau académique et qui participe très bien. Près de la moitié des 22 élèves ont un niveau assez avancé en anglais L2. Deux d’entre eux sont parfaitement bilingues.
  • La situation ou la circonstance entourant l'incident
  • L’enseignante propose aux élèves de produire une publicité écrite pour « vendre » un produit ou un service de leur choix. Cette activité est utilisée à titre de réinvestissement, suite à une séquence d’enseignement sur la publicité au cours de laquelle les jeunes ont été sensibilisés au milieu publicitaire.
  • La réflexion avant l'action
  • La réflexion
  • Lors de la préparation de l’activité, l’enseignante accorde un souci particulier à la formulation des consignes. Elle veut ainsi s’assurer que les élèves comprennent bien tous les aspects de la tâche à effectuer. Par ailleurs, comme elle a déjà eu à composer avec le plagiat (extraits de textes copiés d’Internet, texte plagié – en partie ou en entier – à partir de celui d’un autre élève, travail d’équipe alors qu’il devait être effectué individuellement…), elle désire faire un rappel des règles régissant ce méfait.
  • L'action
  • La description de l'action
  • L’enseignant présente l’activité aux élèves, qui semblent tous très emballés par la tâche à effectuer. Certains disent avoir déjà des idées, d’autres proposent aussitôt le produit dont ils veulent faire la publicité. Finalement, avant de débuter la période de recherche d’idées pour leur concept publicitaire, l’enseignante effectue un rappel des règles concernant le plagiat. Tout semble clair dans l’esprit de l’ensemble des élèves. Le projet débute et se déroule bien, tous sont absorbés par leur tâche. Suite aux périodes de recherche et de travail en classe, le devoir de la semaine est de terminer l’écriture de l’annonce publicitaire entamée en classe et d’en préparer la présentation. La semaine suivante, les présentations vont bon train, les publicités créées sont très originales et bien conçues. Toutefois, deux élèves présentent des publicités dont le texte semble étrangement familier à l’enseignante. Après réflexion et discussion avec les élèves concernés, elle se rend compte qu’il s’agit de publicités francophones dont les élèves ont simplement traduit le texte en anglais. Les jeunes se voient donc attribuer la note « zéro », conformément à la politique de l’école sur le plagiat. Quelques jours plus tard, l’enseignante reçoit des lettres des parents des enfants lui indiquant leur mécontentement et leur désaccord face à la situation, la traduction n’étant pas pour eux une forme de plagiat.
  • Le résultat
  • Inefficace
  • La réflexion après l'action
  • L'explication du sens de l'incident
  • Ébranlée par ces lettres, l’enseignante désire valider la conformité de son action avec les règlements de l’école. Traduire un texte est-il bien une forme de plagiat? A-t-elle eu raison d’attribuer un « zéro » aux élèves concernés? Après réflexion et discussion avec quelques collègues, il apparaît qu’elle avait effectivement le droit d’accorder cette note, puisque les textes produits ne sont pas des créations des élèves. Leur seul mérite est d’en avoir fait la traduction, alors que les consignes semblaient pourtant claires : Produce a commercial message to sell a product or a service. L’enseignante communique donc avec les parents afin de faire valoir son point de vue. Ceux-ci ne sont toujours pas d’accord avec elle, mais elle parvient toutefois à une entente : permettre aux deux élèves de reprendre l’activité, cette fois en créant eux-mêmes la publicité.
  • Les acquis ou la construction du savoir enseigner
  • Les acquis
  • L’enseignante a appris que même lorsque l’on croit que les consignes d’un travail sont claires, certains élèves, de même que leurs parents, parviendront parfois à les interpréter autrement. Il faut être préparé à cette éventualité et être prêt à justifier ses actions. Il est aussi très délicat d’attribuer la note « zéro ». Il faut alors s’assurer de pouvoir s’appuyer sur les politiques d’évaluation de l’école et d’agir en conformité avec celles-ci. Finalement, tous les enseignants devraient réfléchir à leur conception du plagiat et prendre le temps d’en discuter, avec les élèves et avec les parents, afin d’éviter ce genre de situation. Malheureusement, les mésententes sont toujours possibles, puisqu’on ne peut pas toujours tout prévoir. Tel que mentionné précédemment, l’important est de s’assurer de toujours pouvoir expliquer et justifier ses décisions.
  • Le dépôt
  • Incident
  • Incident déposé
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